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 Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie"

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Marchy
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MessageSujet: Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie"   Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie" Icon_minitimeLun 8 Mar 2010 - 22:32

Source: Sport Foot Magazine spécial "Guide Cyclisme 2010" (18/02/2010)


Tyler Farar en est sûr
"Rouler combat la folie"



L'Américain qui vit à Gand s'est hissé à la deuxième place de la hiérarchie des sprinters, derrière Mark Cavendish.
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PAR PETER MANGELSCHOTS

Tyler Farrar reste sur une saison étrange. Elle a débuté par un drame familial et s'est achevée sur une série de victoires. Après des accessits au Giro et au Tour, il s'est imposé dans des étapes de la Vuelta, de l'Eneco Tour et du Vattenfal Cyclassics. Cerise sur le gâteau, il a remporté le Franco-belge.

Celui qui vous a placé dans son équipe du Tour, dans l'un ou l'autre pronostic, a réalisé une bonne affaire. Vous attendiez-vous à pareil succès?
Tyler Farrar: Un peu car j'ai été bon dans quelques épreuves de moindre envergure. J'y ai progressé et j'ai ensuite obtenu de belles places au Giro. Je savais alors que je pouvais m'aventurer au Tour sans risque. Je me suis concentré sur cet objectif.

Vous avez signé votre première victoire tôt, à Tirreno Adriatico.
C'était la première fois que je battais des ténors: Tom Boonen, Alessandro Petacchi, Mark Cavendish. Les gens m'ont alors considéré comme un des meilleurs sprinters du monde. C'était fantastique et je rêvais déjà des classiques mais j'ai chuté à Milan-Sanremo, me démettant l'épaule. Indisponible pour les classiques printanières, j'ai dû revoir mes objectifs.

Les fêtes gantoises

Quelle a été votre meilleure performance?

La Vattenfal Cyclassics. J'ai un faible pour les courses d'un jour, même si gagner une étape en Espagne était évidemment important. Au Tour d'Italie, j'ai obtenu la deuxième place à trois reprises, comme en France. C'est un bon résultat pour un premier Tour mais j'étais frustré car j'ai chaque fois échoué d'un fifrelin. J'ai donc voulu me montrer encore plus, ce qui n'était pas évident: comment mon corps allait-il réagir aux efforts du Tour? J'ai beaucoup discuté avec le médecin de l'équipe et avec Matthew White, le directeur sportif de Garmin. Ils m'ont aidé à trouver le bon équilibre entre repos et entraînement, pour que je poursuive sur ma lancée. Cela m'a réussi à l'Eneco Tour comme au Vattenfal.

Vous avez encore gagné une étape de la Vuelta et le Franco-belge, une course que Boonen qualifie de troisième catégorie...
Pour un sprinter, gagner une course à étapes reste spécial. Il y a différentes catégories de courses mais cela se manifeste surtout au niveau de la tactique, certainement pas de la facilité à les remporter.

Comment vous êtes-vous retrouvé en Belgique?
Junior de l'US National Team, je vivais chez Noël Dejonckheere à Izegem, où je m'entraînais. Quand j'ai rejoint l'équipe continentale HealthNet-Maxxis, j'ai vécu un semestre ici et un aux States, en alternance. En 2006, j'ai signé chez Cofidis, une équipe du Pro Tour. Comme je ne parlais pas français, Cofidis a insisté pour que je m'installe à Nice, où résidaient beaucoup de coéquipierset où la météo est agréable pour s'entraîner. J'ai vécu presque une année là avec ma compagne, qui est également américaine, mais nos amis belges, des jeunes coureurs comme Wouter Weylandt et Gianni Meersman, nous manquaient. J'ai eu quelques semaines de congé pendant le Tour de France. Nous les avons employées à chercher une maison. Gand était la principale ville proche d'Izegem. Nous sommes arrivés pendant les fêtes gantoises. Je ne les connaissais pas mais elles nous ont tellement plu que nous avons décidé de nous installer à Gand.

Les classiques sur vidéo

Qui vous a appris le plus en sprint? Stuart O'Grady chez Cofidis?

Non. Si j'ai signé chez Cofidis, c'était notamment en raison de sa présence mais peu après, il a rejoint Saxo Bank. Gord Fraser est mon grand maître. J'ai roulé avec lui chez Maxxis. J'avais alors vingt ans et il était un des sprinters américains les plus chevronnés. En Europe, j'ai beaucoup appris de Julian Dean, chez Garmin. Il est formidable et je lui dois une grande partie de mes succès. Il lance le sprint et il partage son expérience.

Greg LeMond et Lance Armstrong sont les plus grands coureurs américains. Ont-ils été vos idoles?
Gamin, j'adorais George Hincapie. Ses posters ornaient ma chambre. J'étais fasciné par les classiques et il était le seul Américain à y jouer un rôle significatif.

Pouviez-vous les suivre à la TV?
Non, pas du tout.Je lisais des articles dans les magazines. J'ai acheté les vidéos, en revanche. Je ne peux m'expliquer cet intérêt. Peut-être par les photos de ces coureurs le visage plein de boue... Actuellement, les télévisions américaines diffusent beaucoup de cyclisme et toutes les grandes courses. LeMond a éveillé un intérêt médiatique, mais il était le seul Américain à pouvoir briguer un prix. C'est Lance qui a réellement rendu le cyclisme populaire, aussi parce qu'il a vaincu son cancer. Il apparaît dans toute la presse, même dans le New York Times. Il jouit d'une notoriété inouïe.

Entre la vie et la mort

Votre père était également un fervent cycliste dont la passion a failli lui être fatale il y a un an. Qu'est-il arrivé exactement?

Il n'a jamais fait de compétition mais chaque jour, il se rendait au travail à vélo et il a été renversé par une auto. Il est paralysé à partir de la taille. Il a été entre la vie et la mort pendant plusieurs semaines, relié à un appareil respiratoire. Il est rétabli mais il est en chaise roulante. Il s'est acheté un handbike avec lequel il roule cinq fois par semaine.

Ce fut une période difficile pour vous?
Oui. J'étais en Belgique, la saison avait commencé depuis deux semaines quand mon frère m'a téléphoné pour m'apprendre la nouvelle. Nous avons tout laissé en plan, acheté deux billets d'avion pour le matin suivant. Empaqueter tout en quelques heures, quitter l'appartement et ne revenir que quatre mois plus tard, c'est dingue. Nous avons passé beaucoup de temps à l'hôpital et nous avons aussi soutenu ma mère. Heureusement, mon père a survécu.

Vous avez donc préparé la saison là-bas?
C'était mon devoir. J'aurais dû rouler le Tour du Qatar et de l'Algarve mais mon équipe m'a autorisé à rester aux Etats-Unis. J'y ai couru le Tour de Californie en février. Le vélo m'a aidé à surmonter cette période. Je passais la journée à l'hôpital à voir mon père lutter contre la mort. Je me vidais la tête en roulant quatre ou cinq heures ensuite. Rouler en plein hiver était dur, mais cela m'a empêché de devenir fou.

Est-ce que votre père vous a incité à vous lancer dans le cyclisme?
Plus ou moins. Mes parents sont tous deux sportifs et aiment le cyclisme. J'étais doué et j'ai voulu faire de la compétition. Ils m'ont emmené à une course quand j'avais douze ans. I loved it! A Wenatchee, dans l'état de Washington, là où nous vivions, il y avait énormément d'activité de plein air. Wenatchee est un petit village sis dans les Cascade Mountains, comparables aux Alpes. J'ai pratiqué le ski alpin et le ski de fond, le BMX et le VTT avec mes copains pendant toute mon enfance.

Pourtant, vous êtes devenu sprinter, pas grimpeur!
Mon corps en a décidé ainsi. J'étais doué et c'était la spécialité de mes idoles. Quand j'ai constaté que j'étais doué, je me suis informé sur les sprinters et j'ai voulu les égaler.

Toujours devant

Comment vous décririez-vous?

Je suis puissant. Tous les sprints me conviennent mais j'ai une prédilection pour une légère pente dans les 500 derniers mètres ou un sprint qui ponctue une étape dure, comme à la Vuelta. J'ai été lâché dans les côtes mais je suis revenu dans les vallées et je possède suffisamment de réserves pour conclure. J'ai un gros moteur. Quand je suis devenu professionnel, on me trouvait rapide mais sans imaginer que je pourrais rivaliser avec les meilleurs au monde. On m'a donc conseillé de participer aux échappées pour remporter le sprint d'un petit groupe. Je me suis exécuté et cela a accru ma polyvalence. Si je suis un sprinter, je peux aussi survivre à des étapes lourdes.

Quelles épreuves visez-vous?
Les classiques et les étapes des grands tours, comme Boonen. Il est tout à fait possible de les combiner. Cette saison, je vise les classiques printanières. J'effectuerai une pause après Paris-Roubaix puis je m'entraînerai spécifiquement pour les sprints.

Si vous pouviez choisir, préféreriez-vous des étapes et le maillot vert du Tour ou le Tour des Flandres?
Les deux seraient fantastiques mais le Tour des Flandres est la plus belle course du monde. Un spectacle incroyable, ces ascensions, ces pavés, le mauvais temps, ces supporters déchaînés. C'est bien sûr une course très difficile à gagner! Au Tour des Flandres, je ne serai pas le premier leader. Ce sera Martijn Maaskant et je devrai l'épauler. Je ne pourrai rouler pour moi que s'il est dans un jour sans ou qu'il est victime d'un pépin. J'aime courir du début à la fin de la saison et chaque victoire est belle.

En 2009, vous avez été le deuxième sprinter du monde. Comment vous considérez-vous par rapport à Cavendish, le numéro un?
De fait, Cavendish a été le meilleur et il a remporté énormément d'étapes. Il a un gros avantage: son équipe. Il a huit coureurs qui roulent à son service, pour le placer dans la dernière ligne droite. Moi, j'en avais deux ou trois.

Aimez-vous disposer d'un train?
J'ai déjà gagné des courses sans mais avec un train, on est mieux placé. Tout devient alors question de vitesse et pas de chance. Quand on court seul ou avec un seul équipier, on a peut-être dû se battre pour arriver en avant et il faut encore avoir la chance de trouver la bonne roue. Quand j'ai gagné une étape de Tirreno, j'étais fort mais j'ai aussi eu de la chance. J'ai beaucoup appris au fil de la saison, à force de sprinter contre les meilleurs. Au Giro, j'ai alterné: j'ai été souvent dans le premier peloton et parfois, je n'étais nulle part. Le Tour s'est mieux déroulé: j'ai toujours été au front.

Vous avez acquis une certaine renommée. Celle-ci s'accompagne de responsabilités. Remarquez-vous qu'on attend davantage de vous en dehors des courses?
On commence à me connaître, en effet. Certaines personnes savent où j'habite et frappent à ma porte. Ce n'est pas agréable pour mon amie. Sinon, accorder des interviews fait partie de mon boulot. C'est positif pour l'équipe et le sponsor.

Les organisateurs portent un autre regard sur vous aussi: ils n'étaient pas contents que Boonen et vous ayez quitté l'Eneco Tour avant sa fin.
En prévision de la Vuelta, je ne voulais rouler que quelques jours mais je me suis retrouvé avec le maillot de leader. Je pouvais difficilement arrêter. J'ai quitté la course dès que je l'ai perdu. Satisfaire son équipe et les organisateurs n'est pas toujours évident mais j'apprends.
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MessageSujet: Re: Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie"   Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie" Icon_minitimeLun 8 Mar 2010 - 22:34

Au delà des considérations sportives, j'ai trouvé cette interview très révélatrice humainement parlant.

J'ai épinglé quelques passages en bleu dans le texte. Ils sont pour moi les prismes des principaux traits de caractère de Tyler Farrar (après, je ne le connais pas personnellement, mais j'adorerais entretenir une longue conversation avec lui sur son sport, mais sur plein d'autres sujets, actuels ou non).

Voici donc ma vision de l'homme, notamment à travers cette interview!

(1) "Nous sommes arrivés pendant les fêtes gantoises. Je ne les connaissais pas mais elles nous ont tellement plu que nous avons décidé de nous installer à Gand":

Il y a déjà pas mal de choses à découvrir ici. D'une part, Farrar explique que ses amis lui ont terriblement manqué. Malgré la présence de beaucoup d'équipiers avec lui, il a senti le besoin de se rapprocher de ses amis. Belle preuve de loyauté et de gratitude (envers Noël Dejonckheere notamment).

Ce passage me laisse aussi penser que Farrar est un homme curieux, dans le sens positif du terme. Curieux de ce qu'il se passe ailleurs que dans son quartier natal. Curieux et ouvert, également. Car je ne suis pas certain que les fêtes gantoises (et par extension la culture flamande) ressemblent aux fêtes américaines (mais je manque d'expérience pour les secondes).

(2) "Nous avons tout laissé en plan, acheté deux billets d'avion pour le matin suivant. Empaqueter tout en quelques heures, quitter l'appartement et ne revenir que quatre mois plus tard, c'est dingue":

Pour moi, ici, on a un enseignement majeur, qui peut influencer grandement sa carrière. Tyler Farrar aime le vélo, il sait prendre du recul, tout en restant pro. Ce n'est pas un de ces enfants gâtés qui pètent leur carrière avec leur comportement inadéquat. L'avenir nous dira si j'ai visé juste, mais je crois vraiment que ce gars-là est parfaitement capable de gérer les temps forts et faibles d'une carrière. Il a la tête bien sur les épaules.

Par ailleurs, les personnes capables du jour au lendemain de partir sans se retourner, en sachant qu'ils font le bon choix, je les admire. Purement et simplement. Je vous accorde que la vie d'un père est une carotte motivante. Bien entendu. Mais il fallait encore prendre la responsabilité de le faire, du jour au lendemain.

(3) "Un spectacle incroyable, ces ascensions, ces pavés, le mauvais temps, ces supporters déchaînés. C'est bien sûr une course très difficile à gagner! Au Tour des Flandres, je ne serai pas le premier leader. Ce sera Martijn Maaskant et je devrai l'épauler":

Un coureur qui vient de connaître une progression comme il a connu en 2009 et qui est capable, sur sa course favorite, de se mettre en retrait, c'est pas mal! Il y en a qui auraient déjà fait péter les plumes des journalistes pour montrer leur désaccord (coucou Twitter?)...

Info ou intox, là n'est pas la question, puisque je me concentre sur l'aspect humain. Wink

(4) "J'aime courir du début à la fin de la saison et chaque victoire est belle":

Je vous l'accorde, c'est plus une considération sportive à la base. Cela montre néanmoins qu'il a faim, qu'il ne se satisfait pas des acquis. Il veut beaucoup voir, beaucoup rouler (puisque c'est son métier). C'est une qualité dont beaucoup devraient s'inspirer!

(5) "Quand j'ai gagné une étape de Tirreno, j'étais fort mais j'ai aussi eu de la chance. J'ai beaucoup appris au fil de la saison, à force de sprinter contre les meilleurs":

Ce garçon est quelqu'un de modeste, et moi j'aime ça. Parce que les personnes modestes, qui réussissent de grandes choses, ce sont des personnes bien. C'est une question de respect. Farrar me semble être un parfait gentleman!

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Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup de respect pour l'homme que je perçois à travers cette interview mais aussi à travers les images que je vois de lui. Peut-être plus encore que pour le coureur qu'il est en train de devenir.

Et vous, qu'en pensez-vous? Je suis un grand sentimental hein? Je sais, je sais. Mais ça fait du bien... Il a réussi à me donner le sourire le jour où j'ai lu l'interview. Et il me l'a encore rendu ce soir quand je vous l'ai retranscrite!
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MessageSujet: Re: Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie"   Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie" Icon_minitimeMar 9 Mar 2010 - 20:03

Personne n'a d'avis sur ce bon petit Farrar? Même centré vélo, ça m'intéresse aussi.

Si vous trouvez des trucs sympa sur internet, mettez les liens j'irai voir tout ça. Merci d'avance.
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MessageSujet: Re: Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie"   Tyler Farar en est sûr: "Rouler combat la folie" Icon_minitime

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